Bienvenue ici.

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Bienvenue cher visiteur, chere visiteuse.


Je prends le risque d'exposer mon histoire, d'exposer ma vie sur un skyblog, site publique.
Prennez vos aises ici, vous etes chez vous comme je suis chez moi.
Je valide les commentaires, donc si ils sont injurieux ou autre, sachiez bien qu'ils disparaiteront tres vite.
Si vous exprimez simplement votre point de vue, qu'il soit bon ou mauvais (mais pas injurieux, je reprecise) il n'y a aucun probeme.


Donc... J'espere que vous n'avez pas ferme cette fenetre avec precipitation quand vous avez lu tout mon charabia pas interessant plus haut.

Cette histoire, ce "recit" plutot, est vrai/e.
Tout a commence vers le 12 mars 2007 mais je pense que je ferais quelques petites precisions de quelque temps avant.

Voila. A vous de me laisser des commentaire.

Photography by Phillipe Ramette *

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 12:27

Modifié le jeudi 21 février 2008 14:24

#1

#1
DETRUIS-MOI, ENCORE.



____Bon.
____Je ferai de mon mieux pour écrire tout ceci. Pour m'écrire.

____Je n'ai pas découvert ma sexualité, je l'ai, dans un sens, toujours connue.
Etant plus jeune, je ne pensais pas que le verbe "aimer" ne pouvait se conjuguer a la troisième personne du pluriel (Ils, Elles) sans que le regard des autre ne blesse, ne change, ou ne soit ne remplit de jugement faux, et quelque fois même, de dégout. Dans ma naïveté, quelque fois encore présente, je ne voyais pas de différance et ne savait pas que les mots "Homosexuel" "Lesbienne "Gay", ou encore "Gouine" "P.D" "Tafiolle" existaient.
J'aimais les femmes, c'est tout.

____Puis un jour, alors que je venais d'avoir dix ans, ma mère arriva avec un nouveau DVD. Perplexe, je regardai de quoi il s'agissait. Ce dvd était "La tentation de Jessica" (ou « Kissing Jessica Stein » en anglais). Un film parlant d'une femme tombant amoureuse d'une autre, refusant de l'assumer aupres du regard des autres. Et là, j'avais enfin compris que oui, le regard des autres pouvait être différant et que beaucoup n'étaient pas à l'aise dans ce genre de moment.

____J'ai mis un mot sur mon moi, sur mes sentiments, alors que je n'en voyais pas l'utilité. J'étais, et je suis, lesbienne.

____Après ce jour, ma vie avait changée. Je n'avais que dix ans, mais je savais que j'étais différente. Je ne me considérais pas comme tel, mais les autres si. "Les autres" car pour moi tout ceux que je côtoyais étaient loin. Loin de moi, de ce que j'étais.

____Les autres, les hétérosexuels, si parfait eux.

____Dans un sens, ma vie venait de commencer réellement. Mais dans l'autre, elle venait de se finir sous mes yeux.

____Les années se sont écoulées, moi, pendant ce temps, je me cachais aux yeux des autres. Je n'avais pas de problème quelconque avec ma sexualité, mais le fait d'être si jeune m'aurais fait perdre de ma crédibilité. Et eux aussi, étaient jeunes, ils n'auraient pas compris.
Tout en même temps que je me cachais, je me renseignais sur le sujet.

____Quand on s'attaque au sujet lesbien, homosexuel, la base de données est si immense que l'on n'y comprend rien. C'est un peu ce qu'il m'est arrivé.

____En regardant dans les dictionnaires, je lisais "attirances sexuelle envers une personne du même sexe". "Attirances sexuelles" ? Je ne comprenais rien. "SEXUELLE" ? Donc ce n'étais que sexuel ? Et mes sentiments alors, ils se perdaient dans le vide, dans l'oublie ? Ils ne comptaient pas, et n'étaient pas censés existés ?

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 13:09

Modifié le jeudi 21 février 2008 14:31

#2

#2
____J'avais douze ans. Je venais à peine de me remettre de la rentrée de Septembre 2006 que ma tante me ramena brutalement à la réalité en me demandant, un soir :

- Laura... Es-tu lesbienne ?

____Ma tante je l'aime, elle a toujours été celle qui m'a le plus comprise. Elle est magnifique et je peux vous dire qu'elle ferait tourner la tête à toutes personnes sur cette Terre.
____Sur le coup je ne répondis pas, laissant le silence donner une réponse affirmative a ma place. Avait-elle vraiment besoin de savoir que la réponse était un grand OUI ? Que mon être le criait tout en voulant garder le silence ? Finalement, elle a changé de sujet, moi aussi. Elle connaissait la réponse mais voulait que je lui dise de moi-même, et ça je le savais.

____Quelque temps plus tard, ne pouvant plus me taire, du haut de mes douze petites années, je décidais de dire pour la première fois a voix haute:

- Oui, je suis lesbienne.

____Je suis lesbienne. Je suis LESBIENNE !
____Alléluia, je venais enfin de le dire à quelqu'un et je me sentais bien.
Ma tante a très bien réagit, me dévoilant qu'elle était tombée dans le cicle infernal de la bisexualité. (Oui, cicle infernal, car a mon gout, être bisexuel doit être ingérable Oô, mais bon, c'est mon avis personnel =)) Et après m'avoir posé quelques questions sérieuses, notamment "Tu le sais depuis quand?" et "Tu es sur ?", elle me dit d'un ton ironique:

- Tu te rebelle enfin !

____Elle me redonna le sourire et confiance en moi pour continuer à tout avouer aux autres. Je m'étais décidée a ne plus me taire. Avancer. Simplement.

____Mais ma joie retomba vite. Très vite. Je parlais à ma tante d'un sujet qui, petit a petit, me pourrira de l'intérieur.

____Mon père.
____Mon père était, depuis mes cinq ans, a Dubaï. A 6 000 kilomètre de France environ. Il etait toujours marier avec ma mère, et revenait environ tout les 6 mois... Pour ne finalement plus revenir.

____Ma mère ne voyait rien, ou ne voulait pas voir, que de toute manière il ne reviendrait plus. Jamais plus. Moi je l'avais compris depuis longtemps.
____J'ai demandé confirmation à ma tante, en lui demandant si oui ou non, il ne reviendrait plus. Si oui ou non, sa vie était refaite la bas.
____La réponse fut, comme vous vous en doutiez, oui.

____J'ai hais mon père de m'avoir tant menti. Le fait qu'il vivait à 6 000 kilomètre m'importait peu, mais le fait qu'il ne me pensait pas capable de garder son secret m'avait détruite. Mon père arriva en moins de deux secondes devant son ordinateur quand il apprit que je le savais. (La conversation se passait sur le net.) Je lui ai dis que je n'avais aucun problème avec ca. Ma tante, au passage, lui avoua que je suis homosexuelle.
Il m'en voula. Pourquoi ma tante l'avait-elle sue en première, et lui, mon père, non ?

____Je lui ai repondu, sechement, que lui aussi me cachait des choses et que je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas en faire autant.
Silence. Lourd. Il comprit. Me demanda de ne rien dire. Moi, ne voulant pas créer de problèmes, j'acceptai, comme une idiote. Je garde toujours ce secret... Et puis d'autre aussi. Mais j'ai signé le contrat du silence avec l'amour que je lui porte. Me taire. Encore.

____Ensuite il me dit quelque chose qui m'a marquer et m'a bien fait rire:

- Mais si tu es lesbienne ca veux dire que... Alléluia, tu ne me ramèneras jamais d'hommes à la maison !


Photography by Martin Kovalik. *

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 13:54

Modifié le jeudi 21 février 2008 14:30

#3

#3
____Bon après tout cela, il y a eu les petites copines cachées. Je ne le disais pas à mes amies, et elles ne le disaient pas aux leurs. Je souffrais de cette situation et puis après m'avoir habituee ca allait mieux enfin... tout devenait si compliquer. J'ai beaucoup "avancé" dans mes relations, a des points tellement loin que beaucoup penseront que je suis bien trop jeune. Oui, peut-être.

____Enfin, j'avouai à mes amies qui se posaient de plus en plus de questions sur ma sexualité, que oui, j'aime les femmes. (Pour eux, cela était synonyme de mode, et de bisexualitee.) Et je me retrouvais avec d'autre coming out de la part de mes amies... Je me sentai moins seule, mais me disais que pour elles ce seraient peut-être plus l'option phénomène de mode...

____Quelque temps après, j'avouai a une amie qu'elle me plaisait, elle en fit de même. Nous sortimes ensemble. Elle me montrait tellement d'affection au début et quand il n'y avait pas les autres, que je pensais vraiment que j'avais trouvé une personne avec qui faire un petit bout de chemin.
____Mais à force, de peur de notre relation, du regard des autres, elle devint violente. C'est vrai, à 13 ans, il n'est pas simple de s'assumer. Elle me criait dessus quand je la regardais tendrement, me repoussait quand je voulais prendre sa main, me jetait presque hors de ses bras... De plus en plus agressive, autant part la parole que par ses gestes. Elle me blessait de plus en plus, laissant dans mon c½ur une petite cicatrice vide de sentiments.
____Je l'aimais tant et puis en si peu de temps elle m'avait complètement détruite, me rendant presque aussi violente qu'elle. Nous nous haïssions tout en nous aimant, nous nous haïssions parce que nous nous aimions...

____Je déprimais un peu, tout en étant heureuse d'être avec celle que j'aimais. Et puis les vacances de mars sont arrivées.

____Ma tante, toujours elle, décida, en voyant que j'allais mal, de m'emmener en Espagne. Là-bas j'ai revecus. Je me suis amusee et j'ai rie. J'en oubliais mes problèmes stupides. J'en oublierais presque mon amour.

____J'étais heureuse, loin de chez moi, loin de mon monde qui m'étouffait à force.

____Mais il m'est arrivé quelque chose, que malgré tout se que je peux vous dire, je tairais. Simplement qu'en revenant de vacances, après avoir revécue une vie digne d'avoir un nom, je suis retombée lourdement au sol, a cela m'a fait mal.

____Quelque jour avant le retour en cours ; Sur Messenger, les conversations avec ma futur-ex etaient de pire en pire. Elle ne voulait pas comprendre pourquoi je n'allais pas bien. Que c'etait elle, que c'etais moi, que c'etait Cette Femme...

# Posté le samedi 29 septembre 2007 06:48

Modifié le jeudi 21 février 2008 14:32

#4

#4
____Premier jour de cours. Le 12 mars...

____C'est un jour qui au final, sera source de tellement de bonheur, mais tellement de malheur aussi...
J'étais toujours avec A., ma petite amie, futur-ex. La voir m'avait fait du bien, mais en même temps je me disais que tout était fini.
____Je revenais d'Espagne avec un collier aux couleurs gay, avec le « rainbow flag » dessus. Fièrement, durant la pause de midi, je le montrais, expliquant quelle était sa signification. O oui, que j'étais fière de mon collier !

____Dans l'institution privée et catholique que je fréquente (et c'est un choix, même si je ne suis pas pratiquante du tout...), la file de la cantine est dans la cour.

____Je trainassais à côté, avec mes amies, qui me posaient de plus en plus de questions sur ce fameux collier. A. était juste devant moi, et me regardait avec un air qui en disait long ; - Si tu portes se collier d'gouine tout en trainant avec moi, j'te démolie. Le message était passé, et pourtant je n'allais pas l'enlever pour autant.

____Lassée et pensive, je regardais autours de moi, le visage de chaque personne qui passait près de moi. De ses gens qui m'entouraient et que pourtant je ne remarquais pas. Quelqu'un souriaient, d'autre hurlaient, d'autre encore, ceux qui étaient les plus drôles, faisaient des danses dignes des All Blacks.

____Et puis je ne sais pas vraiment pourquoi, je me suis retournée...

____Bon, là, vous devez vous demander se que j'ai vue !
____Non, ce n'est pas une tortue volante, ni un pigeon avec sept paires d'ailes, encore moins une roue au caramel, ou un pantalon a la crème, ce n'est pas une tête de japonais mort non plus, ni un squelette dansant le chachacha avec un professeur, non du tout.

____Et si vous ne voulez pas savoir, je vous le dirais quand même. Mon regard est directement tombé dans le sien. Ses yeux verts venaient de signer mon arrêt de mort. Je ne pouvais quitter son regard si... il n'y avait définitivement aucun mot pour le définir. A ce moment, je ne sais comment, je suis tombée. Tombée amoureuse, certes, mais tombée tout court aussi. Je me suis retrouvée par terre, et si mes souvenir sont bons, Elle en a même rie. Ce n'était pas méchant, son rire franc me montrait juste qu'Elle avait bien perçût le ridicule de cette scène. Même si Elle ne s'en souviendra plus... Je me relèvai en riant avec mes amies, ne comprenant pas très bien ce qu'il venait de se passer.

____Doucement, je me retournai en espérant recroiser sont regard. Avec regret, je vis qu'elle avait reprit la conversation avec ses amis.

____Moi j'étais la, sans vraiment l'être. De suite, le souvenir de son regard m'hanta. Elle était derrière moi, a quelque mètre seulement. A ce moment la, si je ne me serais pas retourné une seconde fois pour la voir, peut-être ne serais-je pas là a vous conter comment j'en suis venue a la fin.

____Si simplement j'avais pensé qu'Elle avait un regard quelconque, ou si seulement une amie m'avait entrainé autre part, si tout avait été différant, peut-être, je dis bien peut-être, j'aurais été encore quelque chose de vivant. Quelque chose qui sait vivre. Un être humain part exemple... Oui, un être humain, peut-être.

____Avec des si, on refait le monde.

Photographie trouvee sur *

# Posté le samedi 29 septembre 2007 18:40

Modifié le jeudi 21 février 2008 14:33