____Le lendemain, j'étais debout avant que le réveille ne sonne. Comme si mon c½ur avait ordonné à mon corps, à mon esprit, de se lever. Dans une joie peu habituelle, je me préparais rapidement, ne mangeant rien. Ma mère n'était même pas debout que j'attendais déjà le car qui devait passer une heure plus tard dans mon village. Pendant une heure, maudissant la compagnie de bus de ne pas faire plus vite, je pensais a Mégane.
____Le temps paraissait s'éteindre. Je regardais dans le vide. Comme si je n'existais pas. Alors que je priais presque le ciel de faire défiler le temps plus vite, j'avais l'impression que tout le contraire se passait.
____J'étais enfin dans le bus, mais je n'avais pas c½ur à rire avec les autres. La route défilait si lentement, que j'hurlais quasiment :
- Mais il fait du surplace ou quoi ? J'aimerais arriver avant 2010 !
____Le chauffeur me regarda d'un mauvais ½il. Tant pis. Je voulais juste arriver le plus rapidement possible en cours. Pour la revoir. Elle.
____La première chose que j'ai vu en arrivant au collège, n'était pas Mégane, comme je l'espérais depuis la seconde où elle m'avait quittée, mais A. J'eu droit à une bonne centaine de reproches, ce qui ne faisait plus déborder le vase, mais le faisait complètement éclater. Et sans que je m'en rende compte, je disais les mots que je cherchais depuis la veille :
- C'est fini.
____Elle s'arrêta net. Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Elle s'était figée en plein hurlement, comme un papillon mourant en plein vol.
- Pardon ?
- Tu as très bien compris. C'est fini. Je ne ressens plus rien. Je te vois plus comme une bonne amie.
____Elle ne me regardait même plus dans les yeux. Elle prenait cette expression d'indifférence que je lui connaissais si bien. Mais ses yeux brillaient.
- Depuis quand... ? Depuis quand... ?
____Elle répétait ces mots sans cesse, ne trouvant pas ce qu'elle voulait dire, ou ne pouvant pas l'accepter.
- Quelque temps déjà... Et toi ? Tu ne sentais donc rien ?
____Elle souleva la tête, et m'annonça avec toute la fierté possible. Hautaine.
- Si, depuis le début ! Je pense que tu n'es pas faite pour ca, nous devrions restées amies. Enfin si ce n'est pas trop dur pour toi...
____Je ne pouvais pas croire qu'elle me disait cela ainsi ! C'était complètement invraisemblable. Mais je n'avais pas la force, ni l'envie d'ailleurs, de continuer cette conversation. Lâche ? Peut-être. J'avais mal. Mais, contrairement a se que je pensais, je ne souffrais pas autant que je l'avais pensé. Je me sentais légère. Je venais de rejoindre une seconde fois mon petit nuage. Libre. Oui, j'étais enfin libre.
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