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____Début Avril.
J'allais partir en voyage scolaire à Londres. J'appris que ma grand-mère était malade et avait du aller à l'hôpital. Terreur. Ma grand-mère, vous ne pouvez savoir a quel point elle compte pour moi. C'est une femme que j'ai toujours respecté, et que je respecterais toujours. Elle tient une grande place dans mon c½ur.

____Je suis passée la voir deux a trois fois, avant de partir. Ce voyage, je peux vous le jurer, j'ai longtemps hésité à y participer. Simplement parce que ma grand-mère était malade, et que je savais intérieurement que je ne la reverrais plus. Et secondement... parce que je ne verrais plus Mégane durant une semaine. Raison qui peut paraitre stupide. Mais il m'était si difficile d'imaginer une semaine sans la voir. Insupportable. Finalement, devant le refus catégorique de ma mère concernant ma demande, je partis tout comme les autres.

____Les jours me paraissent longs, le voyage était ennuyeux. Londres était horrible. Désastre. Je revins en France. Epuisement.

____Ma mère tirait une tête d'enterrement, et j'appris que s'etait celui de ma grand-mère auquel nous allions bientôt être confrontés. Le matin même de mon retour, alors que je sentais la fin, je m'étais décidée à passer la voir pour lui avouer mon homosexualité et a quel point je l'aimais. Trop tard. Je crois que je m'en veux encore et que je m'en voudrais pendant longtemps. Je me souviendrais toujours du ton de ma mère quand elle me l'a annoncé dans la voiture, désespérée, les larmes montantes aux yeux. Elle s'etait mise à pleurer, ne pouvait quasiment plus conduire. Et moi j'étais la, à cotée d'elle, et je ne réagissais pas.

____Aucune larme ne coulait. Aucune expression sur mon visage. Je fis comme si je n'avais rien entendu.
Comme si de rien n'étais. Une règle que je m'étais moi-même imposée, ou en tout cas, que j'avais apprise : Ne faire confiance a personne, ne pas montrer ses sentiments, ne jamais demander de l'aide. Etre forte.
____Se taire. Se taire. Se taire.


____Se fut un cap difficile à passer. Le jour de l'enterrement, tout le monde était la. Le visage ferme pour les uns, les larmes aux yeux pour d'autre. Et encore une fois, moi je ne montrais rien. Je n'avais pas d'expression sur le visage. Absence. J'en arrivai à insulter le prêtre. Au cimetière, je suis la dernière qui arrive. La diligence avec le cercueil était juste derrière moi. Tout le monde me regarda, et moi j'avais cette impression que rien n'existait. Beaucoup on cru qu'au final, ce deuil m'importait peu. Mais c'était faux. Mon père était rentré pour l'occasion, et même lui, l'homme que je n'avais jamais vu verser une larme, pleurait devant mes yeux.

____Chez moi, je montai directement dans ma chambre. Pourquoi ? Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi c'était-elle laissee mourir !? Parce que. Elle ne me répondra jamais à cette question. Elle ne me verra jamais grandir. Ne me verra jamais jouer de la batterie ou de la basse, comme elle l'avait tant voulu. Jamais. Non, jamais plus.

____Parce qu'elle était partie. Loin. Tres loin. Beaucoup trop loin...
Elle me manque tant.

____C'est la que tout a réellement commencé. Apres le départ de ma grand-mère, je n'allais pas bien intérieurement, mais je me gardais bien de le dire. Avec mon obsession pour Mégane qui devenait incontrôlable je ne gérais plus rien. Même mon corps n'en faisait qu'a sa tete. Quand a mon esprit, il me laissait me debrouiller seule. Ma mère faisait une dépression, mon frère se prenait pour je ne sais qui, mon père était repartit, encore. Me laissant seule avec mes problemes.

____Un soir de fin Avril, je ne sais plus très bien lequel sera surement le moment ou j'eu la première cicatrice de mon c½ur sur ma peau. Je pensais à Mégane. A ce vide. Mes amis ne voulaient plus entendre parler de quoi que se soit me concernant. Amis... peut-être pas. Il n'y avait plus rien. Plus rien pour m'aider. Plus personne. Juste ce silence si pesant sur mon c½ur déjà si lourd. Juste se noir perpétuel. Mon ami. Mon ennemi.

____La lumière était éteinte, mais la lune éclairait la pièce. Moi j'étais là, dans ce paysage reposant pour certains, mais si angoissant pour moi.
Mon c½ur battais si fort, ou ne battais plus, je ne sais plus très bien.
Mes yeux ne voulaient pas s'exprimer, ne pouvait pas laisse échappé mes sentiments, se fiant a la règle tant encrée dans ma mémoire.

____Il n'y avait vraiment rien ce soir la. Rien. Comme si quelque chose me poussait, je me suis levée. J'ai avancé à tâtons dans cette pénombre, l'esprit embrouillé. J'avais mal, si mal. Je voulais en finir, maintenant, tout de suite. Comme si j'allais commettre un meurtre, je me saisis d'un cutter qui trainait là.

____Oui j'allais bien commettre un meurtre ; le mien.

____Je n'ai pas réalisé ce que je faisais avant que la lame ne touche ma peau. Si douce, si froide au début. Les secondes passaient, mes gestes se faisaient plus rapides, plus violents... plus profond. J'essayais dans un sens, d'atteindre la chose qui me rendait si mal à l'intérieur. Le sang coulait, mais je n'avais pas mal. Pour une fois j'allais bien. L'endorphine agissait sur moi comme un calmant. S'en était un. Ma peau se déchirait comme mon c½ur l'avais si souvent été. Je ne sais pas combien de temps je me suis acharnée sur mon bras. Sur ma vie. Mais je sais que je me suis stoppée, vide d'émotions, le sang s'échappant et fuyant ma folie.

____Et la, enfin, j'ai versé une larme. Une seule larme. Celle de mon désespoir.


Photography by Martin Kovalik.
# Posté le vendredi 05 octobre 2007 15:16
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:40

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