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#10

#10
____Le lendemain je me suis réveillée. Le sang avait séché. Mon soulagement était partit aussi vite qu'il était venu. Je crois que c'est unedes premières fois depuis Mars que j'ai dormis. Je n'avais pas vraiment réalisée ce que je venais de faire. Me laver. Me cacher. Ranger. Disparaitre. Avant que ma mère n'arrive. Avant qu'elle n'ouvre la porte. C'est ce que j'ai fais. J'avais remis le masque de la fille heureuse.

- Laura... réveille toi !

- J'suis d'jà d'bout, m'man... «J'ai faillis ne plus l'être.»

- Ca va ?

- Oui oui. «Menteuse.»

- Une bonne nuit ?

- Oui oui. «Menteuse, encore.»

- Bon dépêche toi, il faut aller en cours, on s'revoit c'soir.


____Elle est sortit. Là, j'ai eu mal. Je me souviendrais toujours.
Il y a une première fois à tout. Même aux mensonges dits droit dans les yeux. J'avais mal au bras. Mal a la tête. Mal au c½ur.
____Mal. Si mal.

____J'ai pris une douche. Pour laver mes blessures, ma conscience... Pour laver le « Moi » si mauvais que j'étais. J'aurais tant aimé me noyer dans toute cette eau. Si froide. Si chaude. Je n'ai rien ressentit. Comme si mon corps n'était plus. Encore cette sensation de vide en moi.
____Il fallait que je me reprenne... et puis finalement non.

____Je me suis abandonnée encore une fois à la douleur. Un vieux cutter, de nouvelles blessures. Encore du sang. Cette impression de me contrôler, enfin, était si bonne. Je me suis lavée, encore. J'allais être en retard, alors j'ai sauté hors de la salle de bain, me suis habillé, et suis descendue.
____Un petit-déjeuner ? Pourquoi donc ? Je n'avais pas faim. Je n'avais plus faim. Mon bras me lançait terriblement, mais je ne devais rien montrer.
Etre forte, même quand c'est tout le contraire. Etre forte. Oui, forte. Le reste de la journée se passa comme les autres. Mes jeux d'actrices auraient pu être nominés aux Oscars, je crois bien.

____Mégane... Il me plaisait tant de la voir, de l'observée, de l'aimer dans mon silence quasi saint. De ne plus être à chacun de ses regards. De ses gestes. Mon amour m'enveloppait dans une musique, me retirait du monde. Je n'entendais plus rien, il n'y avait plus qu'Elle...et moi, dans un sens.
Mais le soir, je me perdais dans un sort d'auto-massacre.
Comme une drogue pour ma survie. Mai approchait, ma fin aussi... Du moins, j'en avais l'impression.

____Une fois seule, l'envie me prenait, encore.
Mon bras picotait, toujours.

____Les cicatrices avaient à peine le temps de disparaitre que de nouvelles les remplaçaient.

____Mon sang coulait, encore.
Le plaisir m'envahissait, toujours.

____Ce soir la, bien consciente, je cherchais une nouvelle fois le cutter.
____Je n'osais pas me regarder dans le miroir, et je savais déjà ce a quoi je ressemblais. Mon corps était tremblotant, ma silhouette blanchâtre, mon c½ur battant et mon esprit dissipé, comme a chaque fois que je n'allais pas bien. Dix minutes que je cherchais sans trouver l'objet de ma délivrance. La rage et la colère me poussèrent à prendre la première chose qui me tomba sous la main ; mon compas.
____Encore énervée, je commençais sauvagement mon rituel d'abandon. Ma raison ne me suivait plus.

_______Un coup, deux coups. Des coups.
_______Une trace, deux traces. Des traces.
_______Un sang, un seul sang. Le mien.

____Je ne sentais plus rien. J'appuyais de toutes mes forces sur le compas. Les plaies étaient profondes, mon esprit embué, mais la douleur n'existait pas. N'existait plus.

____Seul mon c½ur en lambeaux me déchirait la poitrine. J'avais envie de hurler ma rage, de rire stupidement, de sentir une explosion de je ne sais quoi dans mon corps. Je ne voulais plus être, mais en même temps si. Je crois que dans un sens, je mourais un peu plus a chaque goute de sang déversé, telle une larme armée de regrets... et d'amour surtout.

Photography by confusedvision. *
# Posté le dimanche 14 octobre 2007 14:58
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:41

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