« Retour au blog de detruis-moi-encore

#11

#11
____Début Mai :
____Mes amis ne me reconnaissaient plus. Les expressions de mon visage étaient dur, mes yeux vides et mes gestes lourds. Mon anniversaire approchait. Une idée germait dans mon esprit sans que je ne m'en rende compte.

____Au fils des jours passés, je connu le nom et l'adresse de Mégane... Mais je ne vous dirais pas comment. (En Roller, en passant devant sa maison après l'avoir suivit avec une autre fille) (Oups.) La date de mes treize années de naissances était vraiment proche. Mais c'était pour un tout autre anniversaire que je suis entrée ce jour là, dans cette boutique.

____L'odeur parfumée m'avait frappé, et une voix m'effraya :

- Puis-je vous aider ?

____«NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN»

Que faisais-je là ?

- Euh...

____Je vous passerais les détails. Je faisais tache parmi la clientèle ayant pour la plupart trois fois mon âge. Simplement, en ressortant, je savais qu'une chose allant complètement changé ma vie allait se passer. Le 12 Mai, Mégane ouvrira sa porte. Elle verra un bouquet de roses rouge, avec une petite carte disant « Parce qu'il y a deux mois j'ai croisé tes yeux pour la première fois... » Signée par une personne anonyme... Moi.

____Mon anniversaire, le 9 mai, se passa mal. J'étais malade, je ne mangeais pas grand-chose, j'attendais simplement que le bouquet arrive chez Mégane, le c½ur battant. Je ne savais pas se qu'il allait se passer. Chaque jour je la regardais, comme si après ce fameux 12 mai, je n'aurais plus le droit. Comme si le peu de lumière éclairant son visage allait s'éteindre.
____Il n'y avait aucun mot pour définir mon état.

____Le matin du 12, je me suis reveillée comme si un coup de fouet m'avait frappé à la gorge. Je n'arrivais plus à respirer. Mes reves etaient peuples de roses m'etouffant sauvagement ou de mains suspendu dans l'air me donnant des baffes hurlant que j'étais une erreur de la nature. Malgre l'aspect drole de ces reves, mon c½ur battait à 200 km/h.

____ « Aujourd'hui. Grand Jour. » Jour qui, sans que je ne le sache, me rendera malade.

____Je suis restée toute la journée en pyjama, me concentrant seulement sur les plaies ouvertes de mon c½ur et de mon bras. C'était d'un ridicule frolant la paranoia. Comme si c'était une drogue, je m'enveloppais dans ce sang si futile comparé aux réels sentiments. Soudainement l'idée que j'avais eu me paraissait stupide et ringarde. Mon dieu, ou tout homme barbu qu'il puisse exister et auquel je ne crois pas, sauvez-moi de ce pétrin. J'esperais silencieusement et avec egoisme que le livreur allait faire un accident ou, pour être moins sauvage, allait oublier ma commande.
Le lendemain, ma journee se passa de la même manière. J'attendais avec impatience que les heures passent plus rapidement.
____Je ne dormais pas de la nuit, effrayée par l'idée de sa réaction du lendemain...

____Je me suis levée, les yeux engourdit par le sommeil manquant. Avec une lassitude à en faire mourir des morts, je me suis habillée, cherchant de quelconques vetements potables. J'avais tres peu de vetements et je mettais souvent le même pantalon trois ou quatres fois par mois, lavé bien sur. Ma dégaine toujours aussi nonchalante, avec un air je-m'enfoutiste depuis quelques temps toujours gravé sur le visage, je sortai dehors, accueillant avec quelques frissons une douce chaleur. J'avais l'impression que tout le froid qui m'avait entouré durant tant de temps venait de s'essoufler. Alors que la pression de cette journée était censée être à son comble, tout le contraire s'était produit. En réalité, c'est comme si la peur m'avait quittée a ce moment la. Mégane n'acceptait pas mes roses ni le fait que je puisse être homosexuelle ? C'est qu'elle n'était pas faite pour moi et n'étais pas aussi parfaite que ces deux mois ont put me laissé entendre. Et je savais que ce ne serait pas le cas. Que tout ce passerait dans un minimum de respect. Le fait qu'elle me dise qu'elle soit hétéro me blesserait sans doute, mais je le savais déjà, malgré tout mes espoires. Oui, a ce moment la je crois que j'allais tres bien... et en même temps tres mal. Une impression assez étrange mais si savoureuse, car irremplacable. Je me disais que seule Mégane pouvait causer un si grand sentiment... et c'est toujours le cas. Si elle m'avait rendue si folle, c'était bien pour une raison. Mon intuition jusque la avait toujours été correcte... Comme si une force exterieur m'aidait. C'était spécial oui. C'était fou, surement. C'était moi, réelement. Perdue dans mes pensées, je n'avais même pas vu les transports en communs arriver. Le chemin se fit dans le même état d'esprit perdu et dissipé dans un amour qui m'emportait loin, bien au dessus des nuages, du ciel. Bien au dessus de tout. C'était si enfantin et si naif, que je l'aimais encore plus. Une innocence preservée de toute réalité si brute.

____Je me souviens m'être arretée devant le portail le c½ur battant malgré tout. J'hésitais à partir en laissant deriere moi un simple coup de vent et quelques cheveux éparpillés ca et la, ou a affronté cette situation que j'avais moi-même créer. Je pris mon courage a deux mains, deux pieds, dix doigts, dix orteilles, un millier de cheveux et avec tout ce que je pouvais, et j'entrai dans l'arene.

____La premiere chose que j'ai vue n'était pas tres différente au collège habituel. Une centaine d'éleves, pas tous réveillés, accueillant avec la plus grande joie du monde leur journée de cours... Ahah.
La seconde chose était une amie qui me sauta au cou pour me dire bonjour. Elle resta d'un perplexe devant ma tete matinale et désespérée. Je cherchai Mégane du regard. Aucune trace.

____Et puis la je la vis. Entourée de ses amis, parlant assez calmemant. Mes roses avaient-elles été envoyées ?

____La journée passa et mon regard restait pointé vers Mégane. Si elle avait eu les roses, elle n'en paraissait pas moins changée. Elle ne paraissait pas vouloir savoir de qui elles provennaient, ou du moins de cherchait pas du regard. Elle était vraiment étrange. Une éclaire soudaine éclaira mon esprit : Je n'avais pas signé, donc dans tout les cas Mégane n'aurait pu savoir que c'est moi qui les lui ai envoyés. Elle ne pouvait même pas savoir si c'était quelqu'un du collège ou non ! Ma stupiditée me frappa en plein visage. Comment avais-je pu oublier un détail aussi fondamental ?!

____Le soir, confuse d'avoir été si peu prevenante, je me dirigeai avec lassitude vers la gare, esperant pouvoir y croiser Mégane. Elle n'était pas à l'arret de bus, n'était nulle part. T'en pis. Ce que j'esperais être le declencheur de quelque chose fut, une perte de temps et d'argent. Et d'espoir surtout. Mon c½ur paraissait esoufflé. Comme si chaque battement n'était plus qu'une souffrance du a quelque chose de bien peu grave. Quelque chose qui aurait du être bien peu grave. Mais pourquoi, pourquoi avais-je si mal, pour une fille que je ne conaissais pas ? Qui ne me conaissais pas et ne me conneterait surement jamais ? Parce que je l'aimais. Oui, réponse si facile mais tellement vraie.

____J'aimais une parfaite inconnue, qui me faisait vivre chaque jour un peu moins part des regards, parfois perdu dans un vide qui me paraissait si proche de moi, mais qui, malgre toutes mes esperances, n'étaient pas destinés a ma personne.

Photography from here. *
# Posté le mercredi 17 octobre 2007 09:24
Modifié le vendredi 22 février 2008 19:45

« Article précédent : #10

Article suivant : #12 »