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#16

#16

____« Ses levres m'enhivrent, si douces. Ses bras m'enveloppent dans un oubli si bon, un oubli salvateur. Nos corps, si proches l'uns de l'autre, se frolent, n'osant pas coller a l'autre. Mes levres passent dans son cou, goutant a sa chaleure corporelle tant desiree. Une de mes mains lui caresse le dos, la seconde passe dans sa nuque, puis dans ses cheveux. Elle ferme les yeux. Je l'aime tellement, et ce soir, je veux qu'elle le sente. La lune brille dehors, alors que nous nous abandonnons l'une a l'autre. Ses yeux verts me foudroient. Le desir se lit dans son regard d'une manière si profonde que j'ai l'impression que mon corps tout entier vibre au rythme de mon c½ur. On s'allonge sur le lit, nos levres se rencontrent une nouvelle fois. J'aime l'odeur de son corps, de sa peau, si douce. Elle m'embrasse, sa main glisse le long de mon dos, passe sur mes fesses, touches mes cuisses. Je ferme les yeux, savourant ce moment. Je l'embrasse encore, presse mon corps contre le sien. Mes mains passent sur sa poitrine, c'est a son tour de ferme les yeux. Je perds le contrôle de moi-même, l'envie de l'aimer me rend folle. Mon corps tout entier ressent la presence de son c½ur contre ma poitrine, de ses levres contre ma peau, de ses mains contre mon corps. Je ressens un vide vertigineux en moi, mais si bon. Effrayant. Je l'aime tellement, et je veux l'aimer jusqu'au bout de la nuit. Mes bras descendent encore plus bas, mes mains se font moins discretes. Je lui murmure un « je t'aime » à l'oreille, l'entendant murmurer quelque chose de vague elle aussi. Tout est flou, son corps s'eloigne du mien. Mes bras descendent le long de sa cuisse, essayant de la toucher du bout des doigts. Mes levres recherchent les siennes... Ou est-elle... ? Ou est-elle... ? »

____Je me suis reveillee a ce moment la, regardant autours de moi et ne voyant que la solitude habituelle.

____« Bon dieu Laura, quesque tu as fais ! Pourquoi tu t'es reveillee grosse idiote ! »

____Mon c½ur battait fort, mon bas-ventre etait en feu, je sentais encore l'odeur de sa peau contre la mienne. Pourtant ce n'était qu'un reve. Un simple mais merveilleux reve.

____« T'imagines, si tu aurais continue tu l'aurais viole par la pensee ! C'est horrible, je t'interdis de l'imaginer toute nue ! Même si s'est si bon... Lauraaaa arrete ! IDIOTE. Perverse surtout... »

____Quelle idiote étais-je ! Je n'ameliorais pas mon cas. Lui parler sur le net n'arrangeais pas mes sentiments, cela les amplifiaient au contraire d'une manière monstrueuse. Je venais de violer Mégane par la pensee. M'imaginer l'embrassee, la touchee, alors qu'elle n'était pas au courant était un viol pour moi. Je m'amusais à y penser en riant.

____Je reposais ma tete sur l'oreiller, repensant à notre discussion sur le net. Je ne m'étais pas trompee, effectivement, elle paraissait être si optimiste, si joyeuse... Si merveilleuse. Enfin, ma respiration se calma. Un dernier sourire aux levres, je fermais les yeux pour y voir le visage de Mégane apparaitre devant moi et m'accompagner vers le retour dans mon sommeil.

____Le lendemain je me levais, un sourire aux levres pour la premiere fois depuis longtemps. L'envie de voir Mégane m'enveloppait toute entiere, me propulssant si rapidement vers l'arret de bus. Je sifflais, m'arretais pour sourire, ou rire seule ; Les gens present a l'arret de bus me regardaient, effrayes par ma joie de vivre. Ma conscience était tiraillee par l'envie d'aller en cours et d'y voir mon Ange, et l'envie de retourner chez moi, attendre le soir pour lui parler à nouveau sur le net. Finalement, je remarquais qu'une solution simple s'offrait a moi : J'allais attendre jusqu'au soir, regardant Mégane avec silence, et reprendre parole pour lui parler sur le net. Oui, c'était d'une logique si... evidente. Encore fallait-il que ce maudit bus n'arrive pas en retard, comme a son habitude.

____ « Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. »
Mon cerveau saturait, restant bloque sur se seul et unique prenom. Sur cette seule et unique personne.

____Arrivee dans la cour, je me dirigeais vers la place habituelle ou je retrouvais mes amies. Enfin, ces personnes que je pourrais qualifier de conaissances, mais qui finalement ne savent pas grand-chose de moi. Comme je ne savais pas grand-chose d'eux, et ne cherchais pas à savoir. Un bonjour, deux bises, un sourire. Un sourire qui ne sonnait pas faux pour une fois. Ils me parlaient, racontaient leur nuit, leur soiree, et pendant ce temps, je jettais des coups d'oeils vers la gauche, vers la droite. Vers l'arriere... En me retrournant bien sur. (La faculte de voir deriere ma tete ne m'est pas encore atribuee. Que celui qui connait un bon chirurgien me fasse signe.) Finalement, mon regard tomba sur elle. Un sourire apparut sur mon visage, devenant de plus en plus grand, puis eclatant de rire seule, une nouvelle fois. L'envie de sautiller dans tout les sens me prennait encore, mais s'est avec calme que je la combattais.

____« Mégane. Mégane. Mégane. Mégaaaaaane. Mégaaaaaaaane. »
Mon cerveau saturait à nouveau. Mon c½ur battait fort, et moi j'avais envie de serrer dans mes bras chaque personne passant pres de moi. Je me sentais voler. Une simple discussion m'avait rendue folle. Mon amour s'était amplifier d'une manière phenomanale, et je ne comprennais plus ce qu'il m'arrivait. J'avais connue d'autres filles, pourquoi m'emportais-je si vite ? La cloche sonna. J'allais vers le rang de ma salle de classe, croisant Mégane et ne pouvant m'empecher de profite de ce rapprochemant pour la voir de plus pres. Il était trop tot pour la saluer comme une amie. Chose etrange venant de ma part, alors que beaucoup de monde me conaissait et me saluait sans que je ne les conaisse et sans que cela me derange. Mais c'était Mégane qui passait sous mes yeux, et je n'en avais pas la force. La timidite m'avait surprise et m'avait enferme dans une peur effroyable.

____Je fixais toujours Mégane, souriante, quand elle leva les yeux vers moi, m'adressant un sourire genee et partant dans le sens inverse. Elle m'avait sourit ! Elle m'avait sourit ! Je n'en revenais pas. Elle m'avait sourit...


Photography by Martin Kovalik.
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 08:10
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:47

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