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#18

#18
Me dire qu'elle m'aimait bien me rendais folle de joie. J'attendais chaques jours le moment où je pourrais me connecté et enfin lui parlé, et au fils du temps, ce petit jeu devenait une drogue dure sans laquelle j'aurais repris mes anciennes habitudes.

Je me sentais légère, comme je ne l'avais jamais été, et inconsciément continuait de me faire éspérer plus. Je ne sais pas si elle le faisait exprès, mais dans les moments où mon coeur s'acharnait le plus à me remonter le moral, elle me parlait soudain de son bel amour avec le parfait Arnaud. Intérieurement, une jalousie pure et malsaine me parcourait, mais je ne pouvais en vouloir ni à Mégane ni à Arnaud. La première était heureuse, le second la rendait heureuse. Et, pensez-en ce que vous voulez, mais me dire ça me reconfortait, et constituait la seule lumière éclairant mes journées. Elle était heureuse. Elle m'aimait bien. Tout était parfait... ou presque.

Fin Mai.
Mon moral redescendait en chute libre. Je perdais à nouveau le contrôle de tout.
Mon état de stress intense m'empêchait de dormir. M'empêchait de manger. M'empêchait de travailler. Ma vie se résumait à des crises, me faisant trembler de colère, de peur, de tristesse et d'effroi. Plus temps passait, et plus elles devenaient incontrôlables. Je me mordais, me cognais aux murs de ma propre prison, me coupais du monde extêrieur, me coupais tout court.

Le seul moyen qui se présentait à moi se réduisait au silence, et à une souffrance que je m'infligeais plus qu'on ne me l'infligeait.

Malgré tout, la vie ne cessait et ne se résumait pas au sort d'une pauvre imbécile. Le soleil brillait, les oiseaux chantaient, il faisait chaud, il faisait beau. “Eh puis merde.” Le temps m'interaissait autant que la survie d'un ver de terre contre je ne sais quel animal ayant faim. Oui, plus rien n'avait d'importance, m'enfermant dans un égoïsme fou et basé autours de ma propre personne.

Un de ces jours ensoleillés, et comme beaucoup d'autre, une crise m'avait cloué au sol, creusant encore plus les cernes sous mes yeux. Ces yeux qui ne trahissaient plus mon inexperience de la vie.
“ Tu fais plus que ton âge.”
Les commentaires du genre se suivaient. Je me refrognais à chaque fois. J'allais mal, j'étais naïve, décédée dans un sens, et ce qu'ils trouvaient à me dire se resumait à “Tu ressemble à une vieille peau.” Je survivais à ma propre torture, en quoi était-ce une preuve d'une quelconque mâturité. ?

Une crise, encore.
Vite, une feuille, un stylo. Outils primaires, ou presque, mais étant la seule option anti douleur corporelle qui m'était offerte.
J'écrivais, j'écrivais, encore, encore, couchant sur le papier un mal-être si impur, me confiant à cet unique ami fidel, lui murmurant mon histoire, souvent entre-coupée de “Mégane, Mégane, Mégane” incessants et psychothiques.

- Ton frère ne va pas tarder.

Cette seule et unique phrase avait servie à couper mon envie d'écrire. J'avais réussie à me calmer, et je refusais de perdre tout calme si doux à nouveau. L'arrivée de mon demi-frère me rendait anxieuse. Non, je ne voulais pas être confrontée à lui. À ses prejugées, ses remarques racistes, ses remarques homophobes, ses remarques tout court. Une certitude, une fois mon frère à la maison, les seuls sujets abordés allaient être: Pognon, Cul, Violence, et je dois dire que ce n'était sûrement pas les sujets que je préférais. Quelques fois, et uniquement les bons jours, j'avais drois aux histoires cocasses, coquines et cocues des bidasses de sa caserne.

J'abandonnais tout. Écrit, stylo, et toute forme de joie possible, aussi fausse avaient-elles pu être, montant à l'étage le plus rapidement possible. Grâve erreur.

Fuir mon frère s'est avéré facile, mais fuir ma mère n'était pas dans mes intentions. Elle aussi, connaissait mon frère mieux que tout au monde certainemet, étant sa mère aussi. Elle rangeait mes affaires, de peur que mon frère les lises, se permettant de le remplacer dans cette si dure tâche qu'est celle de me pourrire la vie en supprimant tout droit à une vie privée qui m'était acordé.

Une heure, deux heures, trois heures. J'attendais patiamment, effaçant toute preuve pouvant rappeller ma présence dans cette maison, et au mieux, sur cette planète. L'heure du dîner approchait, et, se fiant à cette habitude, je ne mangeais rien. Je descendais, cherchant ma mère pour le lui annoncer, bien que le contraire l'eût étonnée.

Je toussais. L'odeur âcre d'un futur cancer dû à la cigarette me prit à la gorge, comme à chaque fois. Ma mère, facilement repérable par sa dépendance odorante était dans la cuisine, ou, autrement dit, la salle à manger et à regarder des reality show stupide du français beauf à la télévision.

Elle ne me regardait pas, fixant de ses yeux vides la télévision. Qui d'elle ou de moi souffrait le plus? Je ne sais pas. Elle sûrement. Je m'en voulais. Sa vie était un désastre, ses enfants étaient des désastres, son mariage en était un. Et, la seule personne à laquelle elle pouvait se ratachée était sa défunte mère, mon incroyable grand-mère.

Je passais devant elle, comme à chaque fois. L'habitude avait emplit la maison, s'était collée au papier peint ou directement au mur quand le papier n'y était plus. Le plafond était jaunâtre, mort d'asphixsie depuis longtemps. Je ne faisais même plus attention à ses détails, échappant juste à la tâche qu'était celle d'inviter des gens, trop honteuse.

- Maman...

Là, en observant la table, j'eut un gros flash back, me remémorant mon oubli.

- Mh... Les feuilles... Elles sont où?

J'essayais de garder la voix la plus calme possible.

- Rangées.
- Ah... Tu... les as lues?

J'attendais une réponse, passant ma main dans mes cheveux, puis me griffant l'avant-bras, signes précurseurs d'une crise d'angoisse. Je fixais ses yeux, attendant qu'ils trahissent un quelconque sentiments.
- Oui.
- Quoi?!

Je n'en pouvais plus. Je ne pouvais pas me retenir. J'étais une fille lamantable. Je criais sur ma mère. Je hurlais. Je ne pouvais pas faiblir devant elle et avoir une crise, je réagissais de la seule manière restante: Lui faire mal, la détruire comme je l'étais.

- T'es fière, je suppose?
- Quesque j'ai fais pour que tu sois comme ça? J'ai fais quelque chose de mal?
- Pour que je sois comment? J'aime les filles, c'est SI grave?
- J'ai fais une bétise? Comment tu l'as sû?
- Maman! Arrête de te prendre pour le centre O du monde! Ce n'est pas de ta faute! Ca ne le sera pas. Je déteste quand tu es comme ça.
- Et alors? Comment tu l'as su?
- Je l'ai toujours sû maman. Et j'ai appris ce que j'étais vraiment en regardant “La tentation de Jessica”.
- T'as vu ça où encore?
- C'est toi qui l'a acheté maman...
- Je suis conne... J'aurais jamais du faire ça... Il y a moyen de changer ça?
- Non.
- Non?
- Non. Tu as si honte de ta fille?
- Non. T'es ma fille. Je suis ta mère. J'dois bien t'accepter comme ça.
- Papa et Tati sont au courant.
- Papa m'en avait parlé. M'enfin rien de bien...
- Il t'en a parlé alors que je lui ai demandé de ne rien dire?
- Tu l'connais. C'est un menteur. Un connard.
- Ne parle pas de l...
- J'en parle comme je veux. De toute manière il est pas là quand il le faut. Maintenant c'est encore moi qui doit avoir à faire à tes conneries.
- ...

S'en était assez. Elle le savait maintenant. Bien. Elle l'accepterais bien. Je savais intérieurement qu'elle allait sûrement pleurer une bonne partie de la nuit, se demandant ce qu'elle avait fait au ciel pour mérité une vie aussi horrible.
# Posté le mardi 18 décembre 2007 12:54
Modifié le mercredi 09 avril 2008 17:39

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