#5

#5

____J'aurais bien voulut le refaire moi. Ce midi la, toujours omnibulee part Elle, et voulant absolument tout savoir, j'ai fais une chose que je ne fais pas généralement, c'est-à-dire : User de quelqu'un.

____Cette personne je ne l'aime pas, mais alors pas du tout. Mais j'ai feins l'amitié pour pouvoir manger avec elle et enfin savoir le prénom de cette Demoiselle aux yeux verts. (Je signal au passage que tout ceci se passe en un jour et que, part conséquent j'étais toujours avec A.) Mes amies, ne comprenant pas trop pourquoi je trainais avec cette personne, mangeaient à une autre table. Apres avoir posé des questions quelconque sur diverses personnes, j'en vins a se qui m'intéressait vraiment : Elle.

____B., la fameuse fille que je n'aimais pas, me dit simplement :

- Ah, l'aut' la ? S''p'elle Mégane...

____Elle continuait à parler et moi je n'entendais plus rien. J'étais enfin heureuse de savoir le prénom de cette inconnue qui m'emprisonnait dans mon propre mal être tout en me donnant des ailes a chaque regard perdu vers moi.

-... Et puis c'te salope elle m'a carrément pas r'pondu et...

- Excusez-moi, j'y vais.


____Son blabla ne m'intéressait pas. J'avais eu ce que je voulais, je n'avais pas besoin de feindre plus longtemps. Je suis sortie de la cantine, le sourire aux lèvres. J'avais fais un pas de plus. Un pas de plus vers ma descente aux enfers...

____La cloche avait sonnée depuis longtemps, et assise sur ma chaise, je ne suivais pas le cours. Comme si c'était tout naturel, mes pensées se dirigeaient vers Mégane. A. était dans une autre classe, elle ne voyait donc pas mon état semi-comateux. Mais les autres si. Quand je dis les autres, je parle de mes camarades de classe qui n'avaient pas l'habitude de me voir balbutier des réponses, ou de ne pas en donner du tout. Les professeurs ne comprenaient pas non plus, et je ne me comprenais pas plus. Moi qui était si sérieuse en classe, qui était impassible, que même pas un meurtre aurait pus atteindre et perturber (sauf le mien, car morte, j'aurais du mal à me concentrer) était la, par un simple regard, complètement a l'ouest. (J'avoue que parfois je me laisse rire, mais rarement !) (Enfin souvent.) (Oups.)

____Je n'avais plus rien. Mon « moi » passé venait de disparaitre définitivement, ce 12 mars 2007, pour laisser place à quelque chose qui ne ressemblera plus jamais à l'ancienne Laura. J'avais changée mais c'est seulement maintenant, alors que j'écris ces mots, que je m'en rends compte. Les deux heures avant la fin des cours me semblaient être interminables. Les professeurs parlaient une autre langue pour moi.

- Laura ? Laura, je t'appelle depuis au moins deux minute, que fais-tu ?

____Comme si je sortais d'un sommeil éveillé, je m'aperçus que le professeur me parlait.
____Que faisais-je ? Je pensais. Je pensais à Mégane, à ses yeux, son regard. Je pensais à son sourire, et le son de son rire. Je me souvenais de sa voix cristalline et, à l'opposé, de son rire franc. Je me souvenais de ses gestes qu'elle avait quand elle parlait, de la manière dont elle prenait le bras de se qui semblait être sa meilleure amie. Je l'avais tant regardé que sa vie paraissait se fondre en moi.

____Mais malgré la quelconque beauté de ce que je viens de vous dire, je me voyais mal répondre cela à mon professeur. Laissant encore une fois un blanc, alors que des murmures inquiets et étonnés des élèves autours de moi se faisaient entendre dans les rangs, je dis tout simplement.

- Laissez-moi, s'il vous plait...

____La scène était si invraisemblable que le professeur ne réagît pas. Moi-même, je ne me rendais pas compte de ce que je venais de dire. Seul ce que je pourrais qualifier d'ancienne meilleure amie avait comprit que quelque chose d'étrange, de très particulier se passait.

____Là, libération. La cloche sonne une nouvelle fois, annonçant la fin de la journée de cours. J'étais heureuse, j'allais pouvoir encore une fois voir Mégane. Encore. Je ne la connaissais que depuis un jour, mais sans que je ne sache pourquoi, le fait de la voir, de voir son sourire, son regard, était devenu en moins de quelque heure une véritable drogue.
Sans même prendre note de ce que je devais faire pour le prochain cours, sans entendre que le professeur me demandait de revenir, je pris ma veste, mon sac, et couru quasiment hors de la salle de classe.

____Je cherchais dans la foule d'élèves qui débarquaient dans un énorme brouhaha dans la cour, la fille au look rebel et aux cheveux en pointes sur la tête. (Non je ne parle pas de Gertrude, si vous suivez bien, c'est Mégane que je vous décrits là.)

____Mes yeux parcouraient les personnes les unes après les autres. Aucun-t-shirt noir et violet à l'horizon.
________Et puis, c'est la que je la vis...

Photography by Gabriele Rigon *
# Posté le dimanche 30 septembre 2007 11:16
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:34

#6.

#6.

____Avez-vous déjà eu ce sentiment de plénitude ? D'être bien sur terre ferme, mais de partir loin quand même ? Comme si votre c½ur c'était soudainement arrêter ? C'était mon cas, mais j'allais bien. J'allais même très bien.

____Oui tout ça, simplement en voyant quelqu'un. Etrange non ? En tout cas pour moi ça l'était. Mégane souriait, riait... Elle était si belle ! Elle était...

____Stop. Une main se posa sur mon épaule. Le rêve c'est arrêter. Quand je me suis retournée, prête a bien faire sentir a la personne qui venait de me déranger que ça ne m'avait pas plus du tout, je vis que c'étais A. Elle ne paraissait pas heureuse. Enfin... Son visage avait perdu tout sentiment. Elle était de marbre, en tout cas, c'est comme cela qu'elle m'apparaissait. Et là, j'ai compris.

____J'ai compris que je ne l'aimais plus.

____Que tout ce que nous avions enduré, que tout ces derniers évènements, avaient finalement réduit a néant notre relation. Elle n'était pas prête pour une relation, en tout cas pour une relation homosexuelle. Et je n'étais pas prête à me cacher, ou à continuer dans cette direction.

____Je devais lui en parler, mais je ne me sentais pas prête. Les mots ne s'alignaient pas, je ne voyais pas de phrase concrète a lui dire. Je ne voulais pas la blesser, malgré tout ce qu'elle avait pu me faire, mais je ne voulais pas non plus lui laisser croire qu'il pourrait se passer quelque chose entre nous. Je n'en pouvais plus, et ne voulais plus revivre la même chose.

____La cloche sonna une seconde fois. Certains avaient encore une heure de cour, moi j'avais fini. Je regardai vers Mégane, elle n'était plus là. Etait-elle sortit ? Ou était-elle en cour ?
____Je n'eu aucune réponse ce jour la.

____Environs deux heures plus tard, j'étais enfin chez moi. Comme à mon habitude, je jetai mon sac dans un coin de ma chambre, alluma la chaine hi-fi, et écoutait de la musique à m'en casser les timpans. Sauf que, au lieu de me planter devant l'ordinateur, je me suis jetée sur mon lit. (Ce n'est pas mieux, me direz-vous !) Je repensais. A tout. A Mégane. Oui, a Mégane surtout. Elle était partout, dans le moindre coin de mon esprit. Dans chaque particule de mon corps, dans chaque seconde de chaque minute.

____Et moi j'étais la, allongée sur un nuage fait de bois et de coton.

____Et puis, j'eu se besoin d'écrire. J'arrachais rapidement une feuille d'un cahier prit au hasard, attrapa un crayon, et ecrivis.

____Je crois qu'aucune personne ne m'avait tant inspiré. Comme si elle était là, à mon oreille et me soufflait des mots. Des vers, des métaphores. Les mots se suivaient et parfois n'avaient plus de sens. Seule quand la phrase était finie, seul quand mon c½ur ralentit, quand la fatigue m'emporta, et seulement a se moment la, je me tue.

____Dans un dernier souffle d'énergie, je relus tout. En me relisant, j'avais cette impression de m'être moi-même inconnue.


Phtography by Thomas Kierst *
# Posté le dimanche 30 septembre 2007 11:45
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:34

#7

#7

____Le lendemain, j'étais debout avant que le réveille ne sonne. Comme si mon c½ur avait ordonné à mon corps, à mon esprit, de se lever. Dans une joie peu habituelle, je me préparais rapidement, ne mangeant rien. Ma mère n'était même pas debout que j'attendais déjà le car qui devait passer une heure plus tard dans mon village. Pendant une heure, maudissant la compagnie de bus de ne pas faire plus vite, je pensais a Mégane.

____Le temps paraissait s'éteindre. Je regardais dans le vide. Comme si je n'existais pas. Alors que je priais presque le ciel de faire défiler le temps plus vite, j'avais l'impression que tout le contraire se passait.

____J'étais enfin dans le bus, mais je n'avais pas c½ur à rire avec les autres. La route défilait si lentement, que j'hurlais quasiment :

- Mais il fait du surplace ou quoi ? J'aimerais arriver avant 2010 !

____Le chauffeur me regarda d'un mauvais ½il. Tant pis. Je voulais juste arriver le plus rapidement possible en cours. Pour la revoir. Elle.

____La première chose que j'ai vu en arrivant au collège, n'était pas Mégane, comme je l'espérais depuis la seconde où elle m'avait quittée, mais A. J'eu droit à une bonne centaine de reproches, ce qui ne faisait plus déborder le vase, mais le faisait complètement éclater. Et sans que je m'en rende compte, je disais les mots que je cherchais depuis la veille :

- C'est fini.

____Elle s'arrêta net. Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Elle s'était figée en plein hurlement, comme un papillon mourant en plein vol.

- Pardon ?

- Tu as très bien compris. C'est fini. Je ne ressens plus rien. Je te vois plus comme une bonne amie.


____Elle ne me regardait même plus dans les yeux. Elle prenait cette expression d'indifférence que je lui connaissais si bien. Mais ses yeux brillaient.

- Depuis quand... ? Depuis quand... ?

____Elle répétait ces mots sans cesse, ne trouvant pas ce qu'elle voulait dire, ou ne pouvant pas l'accepter.

- Quelque temps déjà... Et toi ? Tu ne sentais donc rien ?

____Elle souleva la tête, et m'annonça avec toute la fierté possible. Hautaine.

- Si, depuis le début ! Je pense que tu n'es pas faite pour ca, nous devrions restées amies. Enfin si ce n'est pas trop dur pour toi...

____Je ne pouvais pas croire qu'elle me disait cela ainsi ! C'était complètement invraisemblable. Mais je n'avais pas la force, ni l'envie d'ailleurs, de continuer cette conversation. Lâche ? Peut-être. J'avais mal. Mais, contrairement a se que je pensais, je ne souffrais pas autant que je l'avais pensé. Je me sentais légère. Je venais de rejoindre une seconde fois mon petit nuage. Libre. Oui, j'étais enfin libre.


Photography by Thomas Kierst.
# Posté le lundi 01 octobre 2007 14:07
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:36

#8

#8

____Pensez-vous que j'en avais oublié Mégane ? Eh Non ! A présent que ma conscience ne me tapait plus sur le moral a cause d'A., je me livrais a la recherche de la belle aux yeux verts comme si je jouais à un jeu. Mon c½ur battait de plus en plus vite, a chaque mètre carré de cour parcourut sans la voir. J'hésitais entre arborer un énorme sourire, ou éclater de rire. Allez savoir pourquoi... `Puis là, moment d'euphorie. Elle était à moins de vingt mètre devant moi.
____Son eternel sourire graver sur le visage.

____Le reste de la journée ce déroula comme celle d'avant. Je cherchais son regard, sa présence n' importe où. A n'importe qu'elle moment. J'imaginais l'inimaginable. J'espérais que le temps soit plus court en cours, et plus long durant les pauses. Je priais le ciel pour que tout s'arrête à chaque regard lancé dans une direction se rapprochant de la mienne.
Les jours se ressemblaient, mais étaient, dans un sens, tous si différents.
Mes gestes se répétaient, et je la connaissais de plus en plus.
Mes amis avaient découvert son existence, et ne comprenait pas ce flash, cette obsession qui m'enivrait de joie.

____Un jour par hasard, je la vis à l'arrêt du bus de la ville. Comment n'avais-je pus remarquer plus tôt qu'elle prenait le bus tout les soirs a la même heure ? Euphorie, encore. Mon petit paradis qui se résumait à la voir ne se finissait plus après les cours. Des lors, j'attendais parfois toute l'après-midi a l'arrêt de bus, simplement pour la voir dix minutes de plus. Pour l'apercevoir, pour sentir mon c½ur s'envoler, pour aller tellement mieux, mais si mal aussi.

____Mon lit était tache d'encre, des feuilles s'éparpillaient partout, mon c½ur ne faisait qu'un avec mon esprit, mon esprit ne faisait qu'un avec ces feuilles.
Les journées se résumaient a l'espérer, la voir, l'imaginer, la regretter.
Mes nuits se résumaient a... a rien. Je ne dormais plus, ou quasiment plus. Je restais allongée la, dans le noir, réfléchissant encore et encore.
Regardant quelques fois les étoiles assez courageuses pour se montrer dans le ciel. Evasion.

____Et, le lendemain, comme toujours, je ne parlais que de Mégane. J'en étais arrivée a un point, où, je ne sais comment, j'arrivais à savoir a quel endroit elle était dans la cour sans me retourner.

- Laura, Mégane est juste...

- Derrière moi ? Je sais... Mais ne la regardez pas, elle va se douter de quelque chose, oh mon dieu ! Et si elle se doutait de quelque chose ? Olala... Et si...


____Mes amis levaient les yeux au ciel, habitués, et moi je partais dans mon délire paranoïaque, comme a chaque fois. Un peu moins d'un mois s'est écoulé ainsi. Mes notes baissaient à une allure folle.
Abandon de raison.

____Une fois, durant la pause de midi, je vis arriver Megane vers moi. Je savais qu'elle allait passer juste à coté de moi.

____« Vas-y Laura, pour une fois tu pourras la voir de près, et elle ne lèvera surement pas les yeux vers toi. Tu peux la voir dans ses moindres details. Regarde, regarde ! Elle ne le remarquera pas. Niark, niark, vil creature que tu es ! »

____Elle se rapprochait et moi, tous sourires, je la regardais. Puis, d'un coup, elle leva les yeux vers moi, et me regarda. Etonnement. Choc. Rencontre entre le vert et le brun.

« Bordel Laura, Elle te regarde, elle te regarde ! Souriiiiiiis ! Mais souris lui bordel ! Lauraaaaaa sourit lui ! Tu es une fille desesperante. SOURIS ! »

____Et la, a la place, je lui ai fais le pire regard que j'ai pu et je suis partie le plus vite possible. Apres avoir réalisée se que je venais de faire, la première chose que je fis fus...

____... Me taper la tête contre le mur.


Photography by Martin Kovalik.
# Posté le mercredi 03 octobre 2007 10:07
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:37

#9

#9


____Début Avril.
J'allais partir en voyage scolaire à Londres. J'appris que ma grand-mère était malade et avait du aller à l'hôpital. Terreur. Ma grand-mère, vous ne pouvez savoir a quel point elle compte pour moi. C'est une femme que j'ai toujours respecté, et que je respecterais toujours. Elle tient une grande place dans mon c½ur.

____Je suis passée la voir deux a trois fois, avant de partir. Ce voyage, je peux vous le jurer, j'ai longtemps hésité à y participer. Simplement parce que ma grand-mère était malade, et que je savais intérieurement que je ne la reverrais plus. Et secondement... parce que je ne verrais plus Mégane durant une semaine. Raison qui peut paraitre stupide. Mais il m'était si difficile d'imaginer une semaine sans la voir. Insupportable. Finalement, devant le refus catégorique de ma mère concernant ma demande, je partis tout comme les autres.

____Les jours me paraissent longs, le voyage était ennuyeux. Londres était horrible. Désastre. Je revins en France. Epuisement.

____Ma mère tirait une tête d'enterrement, et j'appris que s'etait celui de ma grand-mère auquel nous allions bientôt être confrontés. Le matin même de mon retour, alors que je sentais la fin, je m'étais décidée à passer la voir pour lui avouer mon homosexualité et a quel point je l'aimais. Trop tard. Je crois que je m'en veux encore et que je m'en voudrais pendant longtemps. Je me souviendrais toujours du ton de ma mère quand elle me l'a annoncé dans la voiture, désespérée, les larmes montantes aux yeux. Elle s'etait mise à pleurer, ne pouvait quasiment plus conduire. Et moi j'étais la, à cotée d'elle, et je ne réagissais pas.

____Aucune larme ne coulait. Aucune expression sur mon visage. Je fis comme si je n'avais rien entendu.
Comme si de rien n'étais. Une règle que je m'étais moi-même imposée, ou en tout cas, que j'avais apprise : Ne faire confiance a personne, ne pas montrer ses sentiments, ne jamais demander de l'aide. Etre forte.
____Se taire. Se taire. Se taire.


____Se fut un cap difficile à passer. Le jour de l'enterrement, tout le monde était la. Le visage ferme pour les uns, les larmes aux yeux pour d'autre. Et encore une fois, moi je ne montrais rien. Je n'avais pas d'expression sur le visage. Absence. J'en arrivai à insulter le prêtre. Au cimetière, je suis la dernière qui arrive. La diligence avec le cercueil était juste derrière moi. Tout le monde me regarda, et moi j'avais cette impression que rien n'existait. Beaucoup on cru qu'au final, ce deuil m'importait peu. Mais c'était faux. Mon père était rentré pour l'occasion, et même lui, l'homme que je n'avais jamais vu verser une larme, pleurait devant mes yeux.

____Chez moi, je montai directement dans ma chambre. Pourquoi ? Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi c'était-elle laissee mourir !? Parce que. Elle ne me répondra jamais à cette question. Elle ne me verra jamais grandir. Ne me verra jamais jouer de la batterie ou de la basse, comme elle l'avait tant voulu. Jamais. Non, jamais plus.

____Parce qu'elle était partie. Loin. Tres loin. Beaucoup trop loin...
Elle me manque tant.

____C'est la que tout a réellement commencé. Apres le départ de ma grand-mère, je n'allais pas bien intérieurement, mais je me gardais bien de le dire. Avec mon obsession pour Mégane qui devenait incontrôlable je ne gérais plus rien. Même mon corps n'en faisait qu'a sa tete. Quand a mon esprit, il me laissait me debrouiller seule. Ma mère faisait une dépression, mon frère se prenait pour je ne sais qui, mon père était repartit, encore. Me laissant seule avec mes problemes.

____Un soir de fin Avril, je ne sais plus très bien lequel sera surement le moment ou j'eu la première cicatrice de mon c½ur sur ma peau. Je pensais à Mégane. A ce vide. Mes amis ne voulaient plus entendre parler de quoi que se soit me concernant. Amis... peut-être pas. Il n'y avait plus rien. Plus rien pour m'aider. Plus personne. Juste ce silence si pesant sur mon c½ur déjà si lourd. Juste se noir perpétuel. Mon ami. Mon ennemi.

____La lumière était éteinte, mais la lune éclairait la pièce. Moi j'étais là, dans ce paysage reposant pour certains, mais si angoissant pour moi.
Mon c½ur battais si fort, ou ne battais plus, je ne sais plus très bien.
Mes yeux ne voulaient pas s'exprimer, ne pouvait pas laisse échappé mes sentiments, se fiant a la règle tant encrée dans ma mémoire.

____Il n'y avait vraiment rien ce soir la. Rien. Comme si quelque chose me poussait, je me suis levée. J'ai avancé à tâtons dans cette pénombre, l'esprit embrouillé. J'avais mal, si mal. Je voulais en finir, maintenant, tout de suite. Comme si j'allais commettre un meurtre, je me saisis d'un cutter qui trainait là.

____Oui j'allais bien commettre un meurtre ; le mien.

____Je n'ai pas réalisé ce que je faisais avant que la lame ne touche ma peau. Si douce, si froide au début. Les secondes passaient, mes gestes se faisaient plus rapides, plus violents... plus profond. J'essayais dans un sens, d'atteindre la chose qui me rendait si mal à l'intérieur. Le sang coulait, mais je n'avais pas mal. Pour une fois j'allais bien. L'endorphine agissait sur moi comme un calmant. S'en était un. Ma peau se déchirait comme mon c½ur l'avais si souvent été. Je ne sais pas combien de temps je me suis acharnée sur mon bras. Sur ma vie. Mais je sais que je me suis stoppée, vide d'émotions, le sang s'échappant et fuyant ma folie.

____Et la, enfin, j'ai versé une larme. Une seule larme. Celle de mon désespoir.


Photography by Martin Kovalik.
# Posté le vendredi 05 octobre 2007 15:16
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:40