____J'aurais bien voulut le refaire moi. Ce midi la, toujours omnibulee part Elle, et voulant absolument tout savoir, j'ai fais une chose que je ne fais pas généralement, c'est-à-dire : User de quelqu'un.
____Cette personne je ne l'aime pas, mais alors pas du tout. Mais j'ai feins l'amitié pour pouvoir manger avec elle et enfin savoir le prénom de cette Demoiselle aux yeux verts. (Je signal au passage que tout ceci se passe en un jour et que, part conséquent j'étais toujours avec A.) Mes amies, ne comprenant pas trop pourquoi je trainais avec cette personne, mangeaient à une autre table. Apres avoir posé des questions quelconque sur diverses personnes, j'en vins a se qui m'intéressait vraiment : Elle.
____B., la fameuse fille que je n'aimais pas, me dit simplement :
- Ah, l'aut' la ? S''p'elle Mégane...
____Elle continuait à parler et moi je n'entendais plus rien. J'étais enfin heureuse de savoir le prénom de cette inconnue qui m'emprisonnait dans mon propre mal être tout en me donnant des ailes a chaque regard perdu vers moi.
-... Et puis c'te salope elle m'a carrément pas r'pondu et...
- Excusez-moi, j'y vais.
____Son blabla ne m'intéressait pas. J'avais eu ce que je voulais, je n'avais pas besoin de feindre plus longtemps. Je suis sortie de la cantine, le sourire aux lèvres. J'avais fais un pas de plus. Un pas de plus vers ma descente aux enfers...
____La cloche avait sonnée depuis longtemps, et assise sur ma chaise, je ne suivais pas le cours. Comme si c'était tout naturel, mes pensées se dirigeaient vers Mégane. A. était dans une autre classe, elle ne voyait donc pas mon état semi-comateux. Mais les autres si. Quand je dis les autres, je parle de mes camarades de classe qui n'avaient pas l'habitude de me voir balbutier des réponses, ou de ne pas en donner du tout. Les professeurs ne comprenaient pas non plus, et je ne me comprenais pas plus. Moi qui était si sérieuse en classe, qui était impassible, que même pas un meurtre aurait pus atteindre et perturber (sauf le mien, car morte, j'aurais du mal à me concentrer) était la, par un simple regard, complètement a l'ouest. (J'avoue que parfois je me laisse rire, mais rarement !) (Enfin souvent.) (Oups.)
____Je n'avais plus rien. Mon « moi » passé venait de disparaitre définitivement, ce 12 mars 2007, pour laisser place à quelque chose qui ne ressemblera plus jamais à l'ancienne Laura. J'avais changée mais c'est seulement maintenant, alors que j'écris ces mots, que je m'en rends compte. Les deux heures avant la fin des cours me semblaient être interminables. Les professeurs parlaient une autre langue pour moi.
- Laura ? Laura, je t'appelle depuis au moins deux minute, que fais-tu ?
____Comme si je sortais d'un sommeil éveillé, je m'aperçus que le professeur me parlait.
____Que faisais-je ? Je pensais. Je pensais à Mégane, à ses yeux, son regard. Je pensais à son sourire, et le son de son rire. Je me souvenais de sa voix cristalline et, à l'opposé, de son rire franc. Je me souvenais de ses gestes qu'elle avait quand elle parlait, de la manière dont elle prenait le bras de se qui semblait être sa meilleure amie. Je l'avais tant regardé que sa vie paraissait se fondre en moi.
____Mais malgré la quelconque beauté de ce que je viens de vous dire, je me voyais mal répondre cela à mon professeur. Laissant encore une fois un blanc, alors que des murmures inquiets et étonnés des élèves autours de moi se faisaient entendre dans les rangs, je dis tout simplement.
- Laissez-moi, s'il vous plait...
____La scène était si invraisemblable que le professeur ne réagît pas. Moi-même, je ne me rendais pas compte de ce que je venais de dire. Seul ce que je pourrais qualifier d'ancienne meilleure amie avait comprit que quelque chose d'étrange, de très particulier se passait.
____Là, libération. La cloche sonne une nouvelle fois, annonçant la fin de la journée de cours. J'étais heureuse, j'allais pouvoir encore une fois voir Mégane. Encore. Je ne la connaissais que depuis un jour, mais sans que je ne sache pourquoi, le fait de la voir, de voir son sourire, son regard, était devenu en moins de quelque heure une véritable drogue.
Sans même prendre note de ce que je devais faire pour le prochain cours, sans entendre que le professeur me demandait de revenir, je pris ma veste, mon sac, et couru quasiment hors de la salle de classe.
____Je cherchais dans la foule d'élèves qui débarquaient dans un énorme brouhaha dans la cour, la fille au look rebel et aux cheveux en pointes sur la tête. (Non je ne parle pas de Gertrude, si vous suivez bien, c'est Mégane que je vous décrits là.)
____Mes yeux parcouraient les personnes les unes après les autres. Aucun-t-shirt noir et violet à l'horizon.
________Et puis, c'est la que je la vis...
Photography by Gabriele Rigon *




